La villa Brémontier à Arcachon nous ramène aux premières années de la Ville d’Hiver. Au 1, allée Brémontier, dans la perspective de l’allée Faust, cette demeure rappelle une époque où le chemin de fer, la villégiature et l’architecture des chalets participaient à une même aventure. Construite en 1863, elle compte parmi les premières villas de la Compagnie des chemins de fer du Midi.
1863 : la villa Brémontier et les débuts de la Ville d’Hiver
La villa est édifiée d’après les plans de Paul Régnauld, pour le compte de la Compagnie du Midi. Sa construction est confiée aux entrepreneurs Salesses et Le Thieur. Dès l’origine, sa vocation est la location : une maison où l’on vient séjourner, avec les équipements et le personnel nécessaires à la vie des familles aisées.
La villa Brémontier illustre ainsi le projet qui accompagne la naissance du quartier. Pour mieux comprendre cette période, retrouvez notre article consacré aux origines de la Ville d’Hiver à Arcachon.
Un chalet suisse réinterprété à Arcachon
Comme plusieurs des premières demeures du quartier, Brémontier s’inspire du chalet suisse. Son plan rectangulaire et son volume compact répondent à une organisation fonctionnelle de l’habitation. Cette référence montagnarde prend ici place dans le paysage des dunes boisées et de la villégiature atlantique.
La notice du réseau Ville Impériale décrit un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage carré. Une tour abrite un escalier en vis : sa couverture polygonale se distingue du toit à longs pans du corps principal. Ce contraste permet de reconnaître la villa et donne du relief à sa silhouette.

Une grande maison de location, agrandie dès 1866
Trois ans après sa construction, la demeure est agrandie par Salesses et Le Thieur. Le confort et l’ampleur de la propriété expliquent sa place particulière parmi les chalets proposés à la location.
En 1870, les catalogues des agences mentionnent une propriété de 5 700 m², avec écurie et remise. Les recherches historiques locales évoquent également neuf chambres de maître et une salle de billard. On imagine alors une organisation du séjour bien différente de celle d’une simple maison de vacances : recevoir, loger et distraire ses hôtes suppose de nombreux espaces et des dépendances.
Gironde Tourisme présente Brémontier comme le plus prestigieux et le plus cher des chalets de location. Parmi ses visiteurs figure Alexis de Rymsky-Korsakoff, maréchal de noblesse à Saint-Pétersbourg, qui y séjourne en 1894.
Brémontier : un nom lié au paysage des dunes
Le nom de la villa rend hommage à Nicolas Brémontier, ingénieur des Ponts et Chaussées associé à la fixation des dunes littorales. Les recherches d’Histoire et Traditions du Bassin d’Arcachon rappellent qu’il entreprend des ensemencements au Pilat et au Moulleau dès 1787, avec la collaboration du Testerin Jean-Baptiste Peyjehan.
Ce nom inscrit donc la demeure dans une histoire plus large que celle de ses occupants : celle de la transformation du paysage qui accueille ensuite la station et ses villas.
Une silhouette à retrouver au fil de la promenade
Les documents réunis par Arcachon Nostalgie permettent de comparer plusieurs états de Brémontier. Une photographie de Terpereau montre notamment la villa en 1864. Les vues anciennes font aussi apparaître son nom sur les vantaux du portail. À la fin du XIXe siècle, une salle de bains et six cabinets de toilette complètent son équipement.
La villa est ensuite devenue une copropriété. Elle demeure une étape de découverte depuis la voie publique : la propriété n’est pas ouverte à la visite. Pour poursuivre notre série, découvrez les villas Toledo, Sigurd et Trocadéro.
Sources
- Gironde Tourisme : boucle de la Ville d’Hiver, étape Villa Brémontier.
- Ville Impériale : Villa Brémontier d’Arcachon.
- Histoire et Traditions du Bassin d’Arcachon : sur les traces de Paul Régnauld, d’après les travaux de Marie-Christine Rouxel et Michel Boyé.
- Arcachon Nostalgie : Villa Brémontier, plans et vues anciennes.
- 15 octobre 2026
- Deleglise Proprietes